J'écoute : le tic tac du morbier et le bzzz de l'ordi
Je regarde : le soleil à l'assaut des bleus-verts, et vice versa selon les saisons
Je lis : des polars, des bios , cette foutue presse
Je joue : de plus en plus, de mieux en mieux, une vraie gamine
Je mange : pain(s) pommes fromage(s)
Je bois : ...que des bonnes choses
Je cite : asinus asinum fricat (de Plaute - merci Brad -, ..tr.li ...les ânes se frottent aux ânes) ...ou, autrement dit par Audiard, ..."les cons ça ose tout. C'est même à ça qu'on les r'connaît"...
Je pense : il le faut bien
Je rêve : à mes amours
(mis à jour mercredi 16 avril 2008 à 09:03)

14/05/2008

14/05/08 - 21:34

Corsaire


Ca fait au moins 3 ans qu'on ne l'a pas débarrassé de ses coquillages. Il ne fend plus vraiment l'eau. La chaîne ayant cassé, la dérive est bloquée en bas. Par endroit, le vernis a disparu et le bois noirci. Le blanc du pont vire au jaune-gris.
Bref c'est le moment de commander le grutier - aimable comme une porte de prison,et de brancher les ponceuses.
C'est aussi le moment où l'anticyclone nous lâche. Zut.
Bon, je m'en vais remettre le grutier archi-revêche à la semaine prochaine.

12/05/2008

12/05/08 - 18:49

Palpable

Cette image, non, plus, cette sensation, je ne sais plus si en m'endormant ou au réveil, d'une vie jusqu'à moi, la mienne, comme un corps, tout en plein et déliés, que je palpe, corps indéniable, palpitant, que je palpe, vivant, jusqu'à aujourd'hui, sans doute jusqu'à demain.

10/05/2008

10/05/08 - 21:07

Sourire

Vendredi vers midi, je revenais du marché chargée comme une ânesse, tirant le caddie, brinquebalant un filet.
Au passage piéton, la voie est libre. Je m'engage. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire m'arrive alors dessus un décérébré sur 4 roues motorisées. Il me frôle les orteils. Je veux sortir ma matraque de poche. Zut, je l'aie oubliée. Alors j'improvise et lance mon filet, rayant le bolide avec le stock de RonRon.


Sur le trottoir d'en face me zieute un vieux bourge, un sourire dans le regard.
"On a pas idée de vouloir écraser une gentille dame comme vous!".
Je scrute l'intention (on me taxe rarement de gentille dame).
Le gentil monsieur continue "c'est que vôtre casquette vous va si bien".

Un peu qu'elle me va bien ma casquette..."Merci, c'est aussi l'avis de mon mari".
Et le quidam de conclure " et surtout gardez votre sourire!"
Dans l'entrée, j'ai posé la casquette, j'ai vérifié mon oeil de velours, et surtout j'ai gardé le sourire.

06/05/2008

06/05/08 - 12:36

Vivement ce soir qu'on se couche

.. l'air de rien, plus ça va, plus mes journées sont pleines...
C'est sans doute à celà que grand-mère pensait quand elle m'invectivait, moi pauvresse fourbue de pages lues, empêtrée d'odeurs estivales, odeurs végétales, et parfois bien pire, quand elle me susurrait que je mangeais mon pain blanc, tout ça en continuant de fredonner la fleur qu'il lui avait jeté et que grand-père lui répondait qu'est-ce que tu dis en crachant depuis la table à travers le rideau en perles de bois, dressant l'oreille, vérifiant l'objectif atteint au petit pschitt de la salive sur la terre brûlante.
Bon, c'est pas tout ça. Faut 1.- que j'aille mettre des cierges pour ma grande qui passe son exam' d'allemand; et je sais, c'est pas juste, elle préfère l'italien. 2.- absolument que j'embraye sur la peinture du 2ème. 3.- que je téléphone aux impôts pour négocier le virage. 4.- que je persiste dans la voie du milieu laquelle n'est pas toujours la plus bandante mais c'est peut-être que je me suis trompée de voie, ou de crème solaire.
Bref, vivement ce soir qu'on se couche.

05/05/2008

05/05/08 - 07:25

Découvertes

Quoi de plus merveilleux que de découvrir encore des merveilles, littéraires en l'occurrence...

26/04/2008

26/04/08 - 18:56

Terroirs


C't ami Corbeau, sur un arbre ganguillé
Tenait à plein bec une tomme.
C't ami Renard, le tarin chatouillé
Lui tint ce discours à la gomme :
Hé! salut c't ami Corbeau,
T'es rude joli, t'es même fin beau!
Crénom de sort, si ta batoille
Vaut ce plumage qui pendoille,
T'es le tofin des forêts du Jorat.
A ces mots, le Corbeau qui trouve ça estra
Ouvre tout grand son four
Et lâche ses dix-heures.
Le renard chippe la tomme et dit:
Pauvre niolu, méfie-toi toujours des lulus
Qu'ont la langue bien pendue.
Cette leçon vaut bien une fondue!
Le Corbeau dépité, conclut:
Ch'us tondu, j'ai perdu, plus jamais je s'rai eu!

25/04/2008

25/04/08 - 21:57

Comme je ne suis pas une bobette...

... demain je vais vérifier...peut-être bien qu'avec l'achat d'un pot y'a un concours.

21/04/2008

21/04/08 - 17:07

«Eblouis par l'image, nous oublions l'essentiel»


«Le message est simple: ne vous laissez pas enivrer par des circonstances exceptionnelles, explique David von Ritter, de chez McCann Erickson, à Genève. Mais cette campagne ne montre que la beauté de la situation. Aucun élément inquiétant, on a presque envie d'être à la place des protagonistes. Et, comme eux, éblouis par l'image, nous oublions l'essentiel.»
http://www.lematin.ch/fr/actu/suisse/des-commandos-chretiens-en-croisade-contre-les-affiches-antisida_9-134586

21/04/08 - 07:57

Conditions féminines

Sur la place de Dar es Salam, l’un des dix villages qui a dit non à l’excision le 8 décembre 2007.


Photo: Emmanuelle Barbaras

16/04/2008

16/04/08 - 10:41

Faces cachées, chien dormant sous la peau de l'eau...

...et autres réalités fantastiques à la Cortazar, thèmes tant aimés...comme ce pays toujours aussi brutalement, délicatement mystérieux après tant d'années...

15/04/2008

15/04/08 - 17:37

Mad about you

...Dinah , ô Dinah, quelle voix, quelle femme!

08/04/2008

08/04/08 - 11:39

Au printemps...

...j'écoute pousser les cactus.

08/04/08 - 08:25

Il y a de nombreux esprits qui ont des oreilles....

L'élévation, l'inspiration et la consolation sont les seules choses dont je me préoccupe. Le mauvais temps n'empêche pas la chanson. Se concentrer sur les aspects négatifs ne fait que les amplifier...Il y a de nombreux esprits qui ont des oreilles pour de la musique de qualité. Je ne souscris pas au somnambulisme et à la mentalités de troupeau.
Dixit Charles Lloyd, qui m'amène à découvrir ce sublime Jarret en Ombrie.

01/04/2008

01/04/08 - 21:58

Relire, revoir, ce grand luxe (dixit Naipaul)


Comme le dit Maguy, difficile de résister à l'intelligence raffinée d'Ivory.
Que de tels créateurs puissent exister me réconcilie avec la conjugaison du futur, et même , avouons-le, avec un présent de l'indicatif qui frôle souvent, malgré moi, ce cynisme preuve de désespoir.
Quelle luminosité jusque dans les plus sombres tonalités! Des ciels nocturnes limpides sur le vert sombre des arbres, le bleu nuit de l'herbe, le noir des regards.
Bref, quel humanisme, en écho à E. M. Forster, dont les romans ont inspiré plusieurs des films.
Il me faut trouver, et les livres, et tous les autres films que je n'ai pas vu, et il y en a une sacrée brassée.

25/03/2008

25/03/08 - 22:42

Avant-hier et après-demain


Avant-hier j'ai rêvé d' E. Un rêve érotique. Très. Blanc et chair. Incompréhensible. Nous sommes de si vieux amis, si complices d'emblée, qui se charment et rien d'autre, et se vousoient avec gourmandise. J'étais tentée de lui téléphoner. Il ourlerait mon propos de ce rire fort, perlé, sur des propos secs et acides. Je l'entendrait me regarder, plisser des yeux, chuchoter Bette, ce petit nom qu'il m'attribue. Et on se dirait à bientôt. A dans une prochaine vie.

Photo: anonyme, Bains des Pâquis, Genève

Après-demain, promenades culturelles

23/03/2008

23/03/08 - 22:04

Avec seulement une jambe en moins...

... grand-père a eu de la veine. Et nous avec.

19/03/2008

19/03/08 - 09:26

De l'intérêt de lire Platon


Platon et Aristote, Raphaël, détail de l'école d'Athènes

Platon et le désir du Bien,
à écouter sur http://www.rsr.ch/espace-2/les-temps-qui-courent#mercredi

Le désir du Bien est l'aspiration la plus intimement sincère que chacun cultive au fond de soi.

Même si chacun peut se tromper sur la nature de ce Bien, chacun -Platon est formel- ne peut que désirer le Bien pour soi.

Un courant important des exégètes de Platon (de Plotin à Heidegger) a classé la notion de Bien dans le territoire de la métaphysique, le Bien étant la cible inatteignable et idéelle de quiconque aspire à la sagesse (le "philosophe").

Dimitri El Murr, dans sa lecture de Platon, s'inscrit dans une autre tradition, qui part du Bien comme une valeur déduite du Désir du Bien.

Renonçant à une n.ième approche de ce que Platon entendait par "Le Bien", Dimitri El Murr prend appui sur cette notion en cible, en point de départ pour éclairer une sorte de mécanique du Désir vers le Bien, un désir universel qui se distingue de tous les autres par son intime sincérité, un désir avec lequel nul n'essaie de ruser, car se serait alors se tromper soi-même.

Loin de postuler une idée du Bien chez Platon, Dimitri El Murr développe qu'il s'agit plutôt de déduire ce Bien du fonctionnement de l'âme humaine et des désirs qui l'animent.

Dimtri El Murr, maître de conférence en Histoire de la Philosophie Antique à la Sorbonne, consacre une grande partie de son travail à la philosophie antique et à Platon en particulier.
Liens:
* Dimitri El Murr sur le site du GRAMATA - univ-paris1http://gramata.univ-paris1.fr/MEMBRES/el_murr.html
* Dimitri El Murr est l'éditeur du site internet Plato. The Journal of the International Plato Society, http://www.nd.edu/~plato/
* En savoir plus sur Platon (sur wikipedia)
* Un descriptif du livre de Karl Popper La société ouverte et ses ennemis, auquel Dimitri El Murr fait allusion (sur wikipedia)
* Les textes de Platon en ligne sur le site weblettres.net
* The international Plato society, http://www.platosociety.org/indexfra.html

18/03/2008

18/03/08 - 21:04

Douceurs pascales


D'abord il faudra les choisir, si possible non tamponnés-datés.
Puis les vider de leur contenu sans les casser, ni gâcher la substance, future pâtisserie.
Nous nous mettrons autour de la table, quelque musique dans la stéréo.
Chacun choisira ses couleurs, ses motifs, son mode d'approche.
Chacun ira de son anecdote.
Peut-être faudra-t-il laisser sécher, reprendre plus tard, en faire deux en parallèle.
Dehors les giboulées sont prévues.
Je m'en fiche, j'écoute le feu craquer.

Fêtes et Coutumes populaires, par CHARLES LE GOFFIC, 25 GRAVURES
Librairie Armand Colin, 1911

18/03/08 - 20:42

Amères facilités

..quand la forme détourne le fond, ou ne va pas jusque...
Quand le but n'est plus ni la vie ni la mort, mais l'oubli, l'oubli de soi.



Il existe sept grandes vertus confucéennes associées au Bushidō :
* 義 - Gi - Droiture (parfois aussi traduit par "rectitude" ou "rigueur")
* 勇 - Yu - Courage
* 仁 - Jin - Bienveillance (parfois aussi traduit par "grandeur d'âme", "compassion" ou "générosité")
* 礼 - Rei - Politesse (correspondance avec l'étiquette apparue en France à la même époque ou d'une manière plus générale, le "respect")
* 誠 - Makoto - Sincérité (ou "Honnêteté")
* 名誉 - Meiyo - Honneur
* 尽忠 - Chugi - Loyauté

On peut considérer qu'aujourd'hui le Bushidō est encore très présent dans l'organisation sociale et économique du Japon, car c'est le mode de pensée qui a historiquement structuré l'activité capitaliste au XXe siècle. Les relations d'affaires, le rapport étroit entre l'individu et le groupe auquel il appartient, les notions de confiance, respect et harmonie au sein du monde des affaires japonais sont directement basées sur le Bushidō. Celui-ci serait donc à l'origine de l'idéologie d'harmonie industrielle du Japon moderne, qui a permis au pays de devenir, avec le miracle japonais de l'après-guerre des années 50-60, le chef de file de l'économie politique asiatique.
Source: Wikipédia

14/03/2008

14/03/08 - 09:26

Par tous les moyens, résister, encore, toujours


And you think you're so clever and class less and free...
...But first you must learn how to smile as you kill
If you want to be like the folks on the hill...

Hostiles à l’autorité et individualistes, libertaires et socialisants, méfiants vis-à-vis des institutions et pourtant démocrates, les mouvements tournent alors à la critique systématique de l’emprise bureaucratique aliénante à laquelle est assujetti l’individu dans tous les secteurs de la vie moderne. Ils font valoir contre l’ordre établi des sociétés industrielles, les projets « alternatifs » porteurs, à leurs yeux, d’émancipation par les voies de l’autodétermination et de l’auto-organisation. Pour un temps, la perspective d’un changement social qui trouve son principal appui dans les expériences « contre-culturelles » et dans les formes de résistance au pouvoir politique, parait triompher par delà la fascination qu’elle semble exercer. Et, avec elle, dans la mise en question de bien des évidences, les comportements nouveaux et les transformations institutionnelles qu’elle entraîne, dans le sillage des bouleversements sensibles que connaissent alors la France et l’Allemagne. C’est la fin de ce qu’on appelle, de l’autre côté du Rhin, « l’après-guerre ». Bien d’autres éléments que la libération de l’imagination par les mouvements de 68 contribuent à ce renouvellement, sans qu’on doive mettre en doute leur influence propre. Et on trouve un écho affaibli, de ce charisme de l’imagination, de l’autre côté du Rhin, dans le slogan de F. Mitterrand en 1981 : changer la vie.
Aucun des mouvements sociaux qui ont vu le jour, par la suite, (le mouvement des femmes, le mouvement pour la paix ou le mouvement écologiste) n’ont eu une vision de l’avenir comparable aux utopies en actes de 68. L’énergie utopique parait, après coup, à bout de souffle et comme épuisée. « L’avenir, note Jürgen Habermas, est maintenant négativement défini ». Ce sont sans doute ces perspectives que la fascination pour 68 fait durer. Comme rejet, pour un temps refoulé, de ce que Max Weber appelait « la cage de fer de la domination » qui enferme tout un chacun dans le cercle de la soumission à la hiérarchie et à la bureaucratie. Ou, si l’on préfère, comme espoir d’échapper aux tendances séculaires du procès de rationalisation des sociétés occidentales sous son double aspect d’organisation collective imposant un style de vie.

Eléments pour une histoire comparée de mai 68 en France et en Allemagne, Ingrid Gilcher-Holtey
http://www.gap-nanterre.org/article.php3?id_article=47